Le marché de l'immobilier est-il impacté par la hausse des taux de crédit ?

Après une baisse importante depuis plusieurs années, les taux de crédit augmentent depuis le début de l’année. Les acquéreurs commencent à modifier leur comportement.

Les professionnels de l’immobilier estiment que cette tendance haussière devrait se poursuivre. Nous entrons très certainement dans une période qui risque d’être compliquée pour les acheteurs.

D’autant plus, qu’à la hausse des taux d’intérêt s’ajoutent les nouvelles règles en matière de taux d’endettement et de durée de crédit, établies par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). En effet, depuis janvier, la limitation de la durée des prêts à 25 ans et le taux maximum d’endettement à 35 % (assurance comprise) brident de nombreux acquéreurs.

Une nouvelle donne sur un marché immobilier qui s’était habitué à ne plus avoir beaucoup de limites. Même si ces conditions drastiques commencent à produire leurs effets, les acteurs du marché du logement ne notent pas de véritables changements dans les grandes tendances observées ces dernières années.

En effet, même si les taux augmentent, nous restons encore sur des conditions plus favorables que celles de 2019 et 2020.

Patienter ou se hâter ?

Des professionnels de l’immobilier commencent à percevoir quelques signes laissant présager des évolutions. 

Premièrement, les acquéreurs déjà bien engagés dans leurs démarches ont tendance à vouloir accélérer leur projet d’achat. Ils anticipent une progression durable des taux.

Auparavant, ils prenaient le temps de regarder, de comparer. Ces dernières semaines, ils semblent prêts à signer au plus vite un acte d’achat. Et ce, quitte à faire quelques compromis sur l’emplacement ou la qualité du bien.

Pour d’autres acquéreurs, cela provoque l’effet inverse. Ils craignent de devoir renoncer à leur projet, de devoir le modifier ou d’avoir à faire des arbitrages entre les différents crédits qu’ils ont en cours pour pouvoir financer l’achat d’un bien immobilier.

Inquiétudes et interrogations

Évidemment, les dossiers les plus contraints sont les premiers à faire les frais du changement des conditions de crédit. En premier lieu, ceux qui disposent d’apports faibles. Cela concerne surtout les primo-accédants qui avaient déjà des difficultés à devenir propriétaires.

Du côté des investisseurs, le durcissement des conditions d’emprunt rend l’équation de la rentabilité plus délicate. Au-delà des taux d’intérêt qui montent, les investisseurs voient aussi désormais leur dossier refuser dès lors que le ratio d’endettement n’est pas respecté. Alors que ces dernières années si le reste à vivre était bon, les dossiers étaient financés sans problème.

Les conséquences pourraient se faire sentir plutôt sur le marché du neuf et les petites surfaces, cibles favorites des investisseurs.

Des taux de crédit toujours attractifs

Selon le courtier en prêt immobilier Vousfinancer, les taux moyens atteignent en juin 1,35 % sur 15 ans, 1,55 % sur 20 ans et 1,75 % sur 25 ans. Mais de plus en plus de banques affichent désormais des taux supérieurs à 2 % sur 20 ans, des taux qui n’étaient plus affichés depuis 2017…

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